7 itemsWelcome to Blauer Abend
Blauer Abend is a netlabel started in 2009, founded by Goran Becker, Thibaut L. and Stéphane F. It is based both in Sarreguemines, Nancy and Colmar (France) and in Saarbrücken (Germany).
Blauer Abend is dedicated to all genres of ambient / drones, experimental, contemporary, post-rock or post-anything music.
Our productions :
Materia Aurora - WinterGlow (2010)
Hjärna - Sun & Silence (2010)
Clouds Inc. - 1 + 2 (2011)
Al Amor de la Lumbre - Lumière Hostile 1 and 2 (2011)
You can also listen to the Blauer Abend Radio with various artists from the whole world.
Our website : http://blauerabend.blogspot.com/
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Contact : blauer.abend AT gmail DOT com
Interview - in French
Blauer Abend, nouveau venu dans le réseau Netaudio France est un netlabel né en 2009 à Sarreguemines. Deux albums à leur actif pour le moment, entre ambient et paysages sonores évolutifs. Stéphane, fondateur du projet, nous en dit un peu plus.
1) Stéphane, qu'est ce que Blauer Abend ? Netlabel que tu as créé en 2009.
Stéphane : Je ne suis pas le créateur unique et encore moins le « boss » de Blauer Abend – qui est franco-allemand, déjà, d’une certaine manière, puisque Goran Becker qui est l’un de ses membres à mes côtés, vit à Saarbrücken depuis années – Blauer Abend donc qui se vit plutôt comme un collectif ou un cénacle, un club, un espace de rencontre ; aussi je ne peux parler qu’en mon nom ; ce qui est sûr, c’est que le label, qui bien avant 2009 fut une sorte d’émission de radio amateur et nocturne, d’où son nom, est avant tout né d’une « vision esthétique », une sorte d’intuition, dont nous ne savons pas si elle aboutira un jour à un quelconque succès. Mais disons que nous nous voulons à un carrefour entre une certaine house music, l’ambient / post-rock et la musique contemporaine, avec même des incursions prévues dans le metal. Les anciennes frontières de style n’ont aucun sens pour nous, qui sommes habitués depuis longtemps à passer de Burzum à Gavin Bryars, de Gas à Labradford, d’Ulver aux premiers Kraftwerk. Et qui constatons de surcroît, depuis quelques années, des hydridations musicales inimaginables autrefois, probablement facilitées par la disparition à peu de choses près des « scènes », au profit d’un vaste « marché unique » de la musique sur Internet, où chacun a accès à tout le répertoire et peut également proposer sa propre production, sans nul besoin de s’intégrer à un milieu, de bénéficier d’une transmission de la part de « vétérans », etc.
G. Becker : les choix esthétiques de Blauer Abend ne sont que la transposition de notre conception ou plutôt notre « vision » générale du monde et de l’existence, transposition que nous voulons communicable par l’immédiateté, par l’émotion esthétique plus que par le discours ; cela procède d’un ensemble d’images-clés, d’impressions et de sensations, pas d’une idéologie, bien évidemment. D’où la difficulté de se présenter, de se « placer » sur le marché. Notre son, nous l’espérons, parle de lui-même. Comme Stéphane l’a dit, c’est de la radio que je viens, puisque c’est moi qui animais l’émission Blauer Abend, initialement nommée Die Blaue Stunde, « l’heure bleue », sur une radio associative allemande sarroise. Je pense que l’aspect, comment dire, « étiré dans le temps », qui est celui d’un long mix radiophonique, ambient, minimaliste, contemporain, ou appelons ça comme on le voudra, cet aspect-là se retrouve aujourd’hui dans nos productions ; les morceaux de Hjärna ou Materia Aurora jouent tous sur la durée, l’espace sonore qui s’installe et devient un environnement, et qui favorise une certaine contemplation. Autant je respecte la formule de la chanson pop, autant cela ne fait pas partie de notre projet esthétique.
2) Deux albums à votre actif pour le moment : Hjärna et Materia Aurora. Qui sont ces artistes? Et comment s'est faite les connexions avec eux ?
Materia Aurora est le projet de l’un des fondateurs de Blauer Abend, et totalement lié à l’existence du label ; allons jusqu’à dire que B.A n’aurait pas débuté cette activité, sans le désir et la possibilité de produire Materia Aurora.
Stéphane : Thibaut L. est un vieil ami et nous avons pu suivre sa « carrière » au fil des années, voir son style s’affirmer et s’assumer, dans un pays où l’ambient « pur et dur » n’est pas forcément une tradition, et c’est un euphémisme. C’est de plus un militant de longue date, et actif, de la cause animale, et quelqu’un qui vit son art, sa vision, pleinement et en actes, vivant aussi l’essentiel du temps en pleine nature, à la belle étoile, ou dans des squats lorsqu’il est en ville. Et qui ne s’encombre pas de possessions et de matériel, même musical. L’inverse du « geek » cloîtré devant son ordinateur et ses machines, qui tend à devenir la rêgle.
David D. : Quant à Hjärna, dont je serai aujourd’hui le porte-parole avec Stéphane, c’est un collectif sans personnel précis ni stable excepté les membres fondateurs qui jouent ensemble depuis des années et sous divers noms au fil des époques (Maelifell notamment). Il n’y a pas vraiment de répétitions ni de créations communes, sauf de temps à autres, que ce soit lors d’improvisation au cours d’un concert, ou par travail en petits groupes, mais jamais en totalité vu l’éloignement géographique de certains habitués - notre trompettiste par exemple vit à Berlin, a son propre projet nommé Niedowierzanie, et moi-même j’habite Saint-Etienne. Chacun des membres est libre d’agir et de publier sous le nom de Hjärna, ce qui crée une sorte de cacophonie éditoriale qui ne nous déplaît pas.
Stéphane : Je fais moi-même partie de Hjärna depuis 2008, c’est donc relativement récent. A l’inverse, il y a sur « Sun & Silence » des extraits de démos ou d’improvisations publiées au cours des dernières années, sous les divers noms de projet des membres. Ce premier album est à prendre comme une sorte de rétrospective, de substantifique moelle de ce que nous avons fait jusqu’ici ; d’où aussi son côté parfois décousu, son aspect « compilation », collage, que nous assumons et revendiquons. Quant à comment sonnera le prochain album, nous ne le savons pas encore nous-même. Nous ne nous fixons aucune barrière de style.
3) Deux sorties sommes toutes très ambiantes et surtout très réussies. Quelles sont vos prochaines sorties prévues sur le label ? Un peu de Post-Rock à venir peut-être ?
G. Becker : Merci pour le « très réussies », tout d’abord. Nous n’avons pas d’autre sortie prévue pour l’instant, ni d’idée préconçue sur le genre musical à privilégier. Nous allons prendre le temps de promouvoir aussi bien que possible Materia Aurora et Hjärna, auprès des médias, sur les réseaux sociaux, sur nos scènes locales, etc. Ne pas céder à la facilité de mettre trop de musique en ligne sans la défendre corps et âme. Continuer notre activité en tant qu’émission radio. Et qui vivra verra.
4) Question habituelle mais pourquoi avoir choisi de distribuer et proposer des albums sous licences libres ?
Stéphane : Notre priorité étant de faire entendre nos productions, nous avons choisi ce moyen « souple » mais sécurisant. Nous sommes des pragmatiques et notre participation au monde des netlabels, du libre, etc, n’a rien d’idéologique.
5) Prévoyez-vous de proposer vos albums d'une manière différente. En format Cd par exemple.
Oui, nous prévoyons d’éditer nos productions au format CD-R, cassettes, pourquoi pas Cd et vyniles si nous en avons les moyens un jour. Nous ne considérons pas pour autant que passer sur support serait une « consécration » ou une quelconque accession au sérieux. Ceux qui dénigrent aujourd’hui la musique en ligne et portent au pinacle les autoproductions « à l’ancienne » sur CD-R, sont les mêmes qui il y a quelques années méprisaient ce support-là pour ne parler que des bonnes vieilles cassettes underground. Les vieux grincheux et les bourgeois sont une constante dans l’underground comme ailleurs. Pour notre part nous ne nous intéressons qu’à la musique elle-même, pas à son vecteur.
G. Becker : Même si par ailleurs je reconnais qu’un disque vynile ou un digipack, ou une « bonne vieille cassette » ont un charme inégalable ; mais alors on parle là d’aspects visuels de l’œuvre elle-même, et non pas de son vecteur disons « commercial ». En tant que plasticien avant tout, puisque je suis artiste peintre et n’ai participé que superficiellement à des projets musicaux par le passé, je m’intéresse évidemment à tout cela. Mais ça n’est pas une priorité pour Blauer Abend dans l’état actuel des choses.
6) Qu'attends-tu d'un réseau comme le Netaudio France ?
G. Becker : Nous attendons avant tout de la visibilité : la musique sur le net, qu’elle soit en creative commons ou à la vente « normale », pour n’importe quel groupe, souffre aujourd’hui d’une production si pléthorique qu’avant même de s’angoisser pour les retombées critiques, l’on doit dépenser une énergie, un temps et une inventivité incroyable pour simplement être écouté. Aussi, participer à un réseau, c’est déjà exister, ne serait-ce que pour ses « camarades ».
Stéphane : J’ai commencé à être actif dans le monde de la musique avant qu’Internet, le mp3, etc, ne s’imposent, j’ai eu le temps de connaître le monde des fanzines, des flyers, des listes d’associations, de groupes, de distros à contacter... Tout cet underground « par courrier » où faire des nouvelles rencontres, nouer des contacts et lancer des projets, faire chroniquer ses premières démos, etc, était beaucoup plus facile et plus naturel qu’aujourd’hui, surtout dans le milieu metal qui est celui où j’ai débuté, puis dans le milieu disons « gothique-industriel ». Cette impression de faire partie d’une société a disparu avec Internet, qui ouvre sur le monde entier, mais qui isole, du même coup, qui atomise, qui noie… Nous avons débattu avant d’adhérer à NetAudio car l’orientation de notre label est assez en décalage avec les autres netlabels déjà présents, mais après tout, il faut bien commencer quelque part, pour se faire de nouveaux contacts. Sans compter qu’un autre label / netlabel dont je fais personnellement partie, La Manufacture de Bruit, en était déjà adhérent.
7) Outre vos prochains projets artistiques, quelles sont les objectifs pour Blauer Abend.
G. Becker : En faire une véritable aventure humaine et collective, pas un simple « passe-temps » artistique. Dix auditeurs, ou dix mille, peu nous importe, c’est la qualité des rencontres, la qualité de l’existence que l’implication dans cette entreprise nous apportera, qui sont nos objectifs. L’art pour la vie. Pas l’inverse.Browse CollectionBrowse by Subject / KeywordsBrowse by dateBrowse by creatorAll items (most recently added first) - 